1737
En 1737, ils ont de gros besoins d'argent et leurs seigneuries sont
vendues sur saisie.
C'est un de leurs proches parents qui se porte acquéreur. Angélique-François
de REGNOUARD, Comte de VILLAYER, qui est TANOUARN par sa mère.
On n'a pas de trace de sa venue à Plourivo. Il préfère
Versailles et Chantilly car il fait partie de la clientèle
des Princes de Condé-Conti. Il préfère aussi
faire gérer ses biens par Allain ARMEZ de Paimpol, armateur,
négociant et fermier de " grosses Terres ".
Monsieur de VILLAYER décède. Les nouveaux héritiers
vendent très rapidement les biens du Goëlo à Jean
ARMEZ du POULPRY, fils d'Allain.
A partir de ce moment les ARMEZ ne quitteront plus le Bourblanc, servant
presque tous les régimes de la monarchie de droit divin à
la 3ème République.
Jean ARMEZ du PLOUPRY ne s'installera pas au Bourblanc. A sa mort,
son fils aîné, Nicolas ARMEZ du POULPRY, Abbé
de son état, en hérite.
Au début de la Révolution, quittant la robe ecclésiastique,
il viendra s'y installer, car il a été élu maire
de la toute nouvelle municipalité. Le Roi LOUIS XVI l'ayant
appelé à d'autres fonctions, c'est son frère
Louis-Marie qui lui succède au Bourblanc et dans les fonctions
de maire.
Sous leur " règne ", l'aspect du château changera
peu.
Nicolas décide de revoir une dernière fois le Bourblanc
et ses amis de Paimpol. En août 1824, il arrive à Plourivo
où il met ses affaires en ordre.
Fin septembre, il apprend la mort de Louis XVII. Le nouveau roi, Charles
X, ne l'intéresse guère. Il rentre à Paris en
janvier 1825. Nicolas n'attend pas les fastes surannés du sacre.
Il s'éteint le 27 avril 1825, entouré de Charles et
de ses amis. Il ne revit jamais la Bretagne. On l'enterra au cimetière
du Père Lachaise.
Vers 1865, l'année où débute la construction
de la nouvelle église de Plourivo, on remplit les douves Est
et l'on construit dessus une aile qui comprendra : écurie,
saloir, salle à manger " de l'ordinaire " (12 personnes),
et, à l'étage, des chambres.
Puis on construisit l'aile Ouest qui comprendra la remise à
voitures et un atelier de menuiserie. L'étage sera consacré
à la chambre, au cabinet de travail et à la grande bibliothèque
du Député Maire. En effet, après la guerre de
1870, Louis ARMEZ succède à son père à
la mairie de Plourivo, et, en 1876, il sera élu député,
et, hormis 1885 , il sera constamment réélu jusqu'à
sa mort en 1917.
Toute cette période de la 3ème République verra
passer au Bourblanc toute la classe politique de la région
: Préfets, Ministres, élus municipaux, hauts fonctionnaires.
Théodore BOTREL, lui-même, ne dédaignera pas de
venir, une fois l'an, déjeuner chez ses bons amis Armez.
Le château restera dans la famille jusqu'en 1925, soit sur une
période de 175 ans.
A partir de cette date commenceront plus de soixante années
de turbulences avec des hauts et des bas, pillages, incendies, avec
une très courte période faste de 1932 aux années
60.
En effet, fin 1931, Le Comte Henry De MAUDUIT et son épouse,
Roberta " Betty " LAURIE, originaire d'Ecosse, mais élevée
à Boston / U.S.A., font l'acquisition du château et le
restaurent grâce à la générosité
du Colonel Edward Nicholl DICKERSON, originaire de Newport / Rhode
Island (U.S.A.), que Betty présentait comme son oncle et parrain.
Le château rénové, en cette fin des années
30, est animé par des visites de personnalités du monde
littéraire et artistique parisien . Citons, les écrivains
: Pierre BENOIT, Francis CARCO, Joseph KESSEL, les peintres : André
DIGNIMONT, Louis TOUCHAGUE…
La guerre vint, le 1er septembre 1939, interrompre cette agréable
existence. Tandis qu'Henry de MAUDUIT rejoint la France Libre, Betty,
se croyant protégée par sa nationalité américaine,
reste au Bourblanc où elle participera à des réseaux
de la Résistance - en y abritant des aviateurs alliés
- jusqu'au 12 juin 1943, date de son arrestation par la Gestapo. Elle
sera dirigée vers le camp de Ravensbruck où elle sera
détenue 13 mois après son arrestation.
Le 20 juillet 1944, jour de l'attentat contre Hitler, elle est envoyée
dans la région de Leipzig dans un " Kommando " dépendant
du camp de concentration de Buchenwald.
Betty sera libérée en avril 1945. Séparée
d'Henry de Mauduit, elle restera au Bourblanc jusqu'à sa mort,
le 1er août 1975. De nombreuses personnalités, après
la guerre, ont séjourné au château, telles que
Georges BIDAULT,
Ministre sous la 4ème République, Lord MOUNTBATTEN,
Amiral britannique, Vice Roi des Indes….
Considérablement détruit par un incendie en 1990, le
Bourblanc est racheté, au printemps 1994, par Emile PHILIPPOT.